Habituée aux plus grandes échéances internationales de dressage, Jessica Michel-Botton s’est lancée un nouveau défi, en 2026. À l’occasion du Grand Tournoi, du 15 au 17 mai dernier, la cavalière aux 32 titres de championne de France a participé pour la première fois à la compétition en tant que cavalière de horse-ball. Témoignage.
Rien ne prédestinait cette spécialiste du dressage à fouler un jour les terrains de horse-ball du Parc équestre fédéral, à Lamotte-Beuvron. Seule représentante française lors des Jeux olympiques de dressage à Londres, en 2012, c’est grâce à son fils aîné, Tom Botton, âgé de 10 ans, que cette discipline collective est entrée dans sa vie. “Quand il a commencé l’équitation en 2021, un entraînement de horse-ball se tenait en parallèle de son cours. Cette discipline nous a paru très ludique et amusante, cela lui a donné envie d’essayer”, se souvient Jessica Michel-Botton. Dès l’année suivante, Tom intègre une équipe et participe à son premier Grand Tournoi, les championnats de France des sports équestres collectifs, en mai 2023. En l’accompagnant, Jessica Michel-Botton et son mari Gilles Botton, cavalier spécialisé dans le saut d’obstacles et le travail des jeunes chevaux, ont eu un véritable déclic. “Nous avons beaucoup aimé l’ambiance de l’événement ainsi que la discipline. Avec mon mari, on s’était dit : l’année prochaine, on revient, mais à cheval !”, se rappelle la cavalière.
“La compétition pimente le jeu”
Entre les compétitions internationales, la gestion des chevaux et les contraintes professionnelles, Jessica Michel-Botton et son mari ont débuté le horse-ball en septembre 2025. Il s’agissait avant tout d’une bulle de décompression. “Je dis toujours que c’est mon loisir. Il y en a qui font de la course à pied, d’autres du basket, moi je fais du horse-ball”, explique celle qui est toujours cavalière professionnelle de dressage. Après plusieurs entraînements, elle a rapidement ressenti l’envie de concourir. “Il existe des cours de horse-ball orientés vers le loisir, où les cavaliers ne font pas de concours. Je trouve que participer à des matchs “officiels” apporte tout de suite plus de motivation. On apprend les règles, on ressent la pression et on se confronte réellement aux autres. Lorsqu’on s'entraîne uniquement dans son club, on a parfois tendance à surestimer son niveau et penser que nous sommes les meilleurs cavaliers du monde ! La compétition pimente le jeu et donne une autre dimension à la pratique”, analyse Jessica Michel-Botton.
Au-delà de l'objectif du Grand Tournoi, l’esprit d’équipe de cette discipline a séduit la cavalière. Elle découvre dans le horse-ball une dimension collective totalement différente. “J’ai participé plusieurs fois à des échéances en équipe en dressage, mais cela reste un sport individuel. Sur le terrain, nous sommes seuls avec notre cheval. C’est incomparable avec le horse-ball, où l’on joue à quatre en même temps”, reconnaît la médaillée de bronze des championnats du monde des Jeunes chevaux en Allemagne, en 2007. Dans les moments décisifs, son expérience du haut niveau devient un atout majeur. “Durant le premier match, nous étions menés à la mi-temps de deux buts. Un coéquipier parlait déjà de défaite. Je lui ai expliqué que rien n’était joué. C’est comme en dressage, une foulée de galop au milieu d’une figure au trot ne condamne pas la reprise. Il faut tout donner jusqu’au bout et c’est ce qui nous a permis de gagner ce match. Je sais qu’on est là pour s’amuser et avoir fait beaucoup de compétition m’évite de perdre mes moyens.”
Un Grand Tournoi vécu en famille
Cette année, le Grand Tournoi revêt une saveur particulière pour la dresseuse : “Je viens depuis quatre ans en tant que maman encourager notre fils et pour la première fois comme cavalière.” Le rendez-vous est avant tout un moment familial. “Nous vivons tous les trois les mêmes sentiments et pouvoir les partager ensemble est génial. Il y a également notre deuxième enfant, Léo, âgé de 3 ans, qui lui ne fait pas de poney, mais profite de l’événement avec nous. Cela demande une bonne organisation, que ce soit pour aider Tom à préparer son poney ou pour trouver des amis qui peuvent garder Léo pendant nos matchs.”
La réussite a été au rendez-vous pour la famille licenciée au poney-club des Fontaines (44). Jessica Michel-Botton et Gilles Botton ont décroché la médaille d’argent en Club 3 avec leur équipe “Nantes Husse 226”. Leur fils, Tom, s'est quant à lui illustré en Benjamin 4 avec ses coéquipiers, au sein de l’effectif “Nantes Grandchamp”, en allant chercher le titre de champion de France. Ces succès prennent une saveur toute particulière sur ce site auquel la cavalière est très attachée. “J’ai de très bons souvenirs ici, notamment l’année où j’ai été championne de France à poney, en 1998. J’ai toujours aimé venir au Parc équestre fédéral pour profiter de l’ambiance, des terrains et de l’atmosphère unique”, confie-t-elle.
Reste désormais à savoir si l’aventure se poursuivra l’an prochain. “C’est avant tout une question d’investissement et de temps, mais si on peut continuer avec mon mari, on continuera”, conclut-elle. Une chose est sûre, la cavalière de dressage a trouvé dans le horse-ball et le Grand Tournoi un nouveau terrain d’expression, où le plaisir passe avant la performance.