Adaptation de l’organisation aux conditions météorologiques, ateliers pédagogiques pour mieux comprendre les besoins des équidés, valorisation du bien-être en piste avec le Trophée Happy Athlete, vérification du serrage des muserolles et présentation du film documentaire “La relation Homme-Cheval” : de nombreuses initiatives destinées à sensibiliser les acteurs de la filière et à encourager une pratique équestre plus respectueuse des équidés ont été menées tout au long de la semaine Poneys des Championnats de France. Elles seront reconduites pendant la semaine Clubs.
Une adaptation nécessaire et collective face à une vague de chaleur
Le Generali Open de France est le rendez-vous structurant de la saison, l'aboutissement d'un projet sportif d'une année entière qui représente un investissement personnel, humain et financier considérable pour les cavaliers, leurs familles et les clubs équestres. Alors qu'une vague de chaleur s'est soudainement installée sur le Parc équestre fédéral au cours de la semaine, l'enjeu a été de préserver ce moment fort tout en plaçant la sécurité des poneys au premier plan. Face à cette contrainte météorologique subie, les équipes de la FFE se sont fortement mobilisées pour réorganiser l'événement en temps réel et proposer les conditions d'exercice les plus adaptées possibles.
Cette réactivité sur le terrain s'est traduite par plusieurs mesures concrètes :
Des kits sanitaires pour sensibiliser les participants
La FFE, en partenariat avec le RESPE et avec le soutien de Zoetis, mène une action de sensibilisation à la prévention sanitaire et à la biosécurité équine. Cette initiative rappelle les bonnes pratiques à adopter lors des rassemblements d'équidés afin de contribuer à la prévention des maladies infectieuses et de préserver la santé des chevaux et des poneys.
Dans ce cadre, 1 000 kits sanitaires sont distribués aux participants tout au long du Generali Open de France. Ils comprennent une trousse, un thermomètre, un support rappelant les principaux gestes à adopter en cas de suspicion de maladie, ainsi qu'un jeu pédagogique destiné à sensibiliser de manière ludique aux enjeux de la prévention sanitaire.
Le contrôle du serrage des muserolles se poursuit
Depuis 2023, les commissaires au paddock vérifient le serrage des muserolles avant l’entrée en piste des concurrents du Generali Open de France. Cette initiative, très bien accueillie depuis sa mise en place, a été reconduite cette année. Les outils standardisés, procurés auprès de la Fédération Équestre Internationale (FEI), ont été fournis aux officiels et utilisés sur les terrains. La FFE travaille par ailleurs à la fabrication de ses propres outils de contrôle, afin d’équiper progressivement les commissaires, dans les prochains mois. En parallèle, un affichage explicatif était disponible pour accompagner cette démarche. Intégrée au Règlement Général des compétitions en septembre dernier, cette vérification est devenue une étape habituelle pour les cavaliers, les coachs et les clubs. “Lorsque l’on explique que tout le monde applique les mêmes règles et qu’il s’agit d’une question de bien-être animal et d’équité sportive, ils le comprennent et l’acceptent très vite”, rapporte Déborah Bardou, chargée de missions Bien-être animal à la FFE.
Un trophée pour valoriser une équitation alliant performance et bien-être
La finale As Poney Élite Excellence de saut d’obstacles a été le support d'une opération inédite, mise en place par la FFE : le Trophée Happy Athlete. Plusieurs experts techniques et scientifiques ont ainsi évalué l'expression faciale des poneys en entrée de piste, la présence/absence de signaux d’inconfort pendant le parcours ou encore la qualité de l’équitation comme cela est notamment le cas en hunter.
Cette démarche s'appuie sur les connaissances scientifiques les plus récentes, notamment les travaux issus du projet de recherche Happy Athlete mené par Romane Phélipon, à la demande de la FFE, et avec le soutien de son fonds de dotation EquiAction. À travers cette initiative à vocation pédagogique, la Fédération souhaite promouvoir une équitation alliant performance sportive et bien-être équin. Placée sous le signe de la bienveillance, de la valorisation de la belle équitation et du respect du cheval, cette initiative vise à mettre en lumière des pratiques exemplaires et à encourager une équitation toujours plus éthique. L'état émotionnel en entrée de piste, la présence ou non de signaux d'inconfort sur la piste et la qualité de l'équitation ont ainsi été évalués.
“L’objectif n’était pas d’interpréter un signe isolé, mais bien d’observer l’ensemble des indicateurs et leur répétition dans le temps. Une oreille ponctuellement en arrière ou un mouvement de queue lors d’un effort particulier ne suffisent pas à caractériser une difficulté : c’est l’accumulation de plusieurs signaux qui permet d’établir une évaluation plus globale de l’état du cheval. Cette démarche permet de reprendre les enseignements issus du projet de recherche Happy Athlete, soutenu par la FFE, et de les transformer en une action concrète sur le terrain. C’est très satisfaisant de voir que ces travaux peuvent aujourd’hui être utiles aux cavaliers et contribuer à faire évoluer les pratiques en faveur du bien-être du cheval”, se réjouit Déborah Bardou.
Le Trophée inaugural Happy Athlete a été délivré à Eliott Bernard et Go Star de la Butte, vice-champions de France de l’épreuve.
Des ateliers pédagogiques pour apprendre à mieux comprendre le cheval
Pour la troisième année consécutive, les éthologues salariés de la Fédération Française d’Équitation ont proposé aux clubs engagés une série d'ateliers pédagogiques au stand fédéral. Mardi 7 juillet, les clubs ont participé à des animations ludiques destinées à sensibiliser les cavaliers aux connaissances essentielles pour construire une relation éthique et respectueuse avec leur poney ou leur cheval. Au programme, différents jeux sur les besoins fondamentaux des équidés, les expressions faciales ou encore la vigilance sanitaire, permettant aux participants de tester leurs connaissances tout en échangeant avec des spécialistes du bien-être animal.
Le premier atelier prenait la forme d'un escape game réalisé par EquuRES. Les équipes devaient résoudre différentes énigmes pour découvrir le fonctionnement du label ainsi que les bonnes pratiques à adopter au quotidien avec les équidés. “Nous leur posons des questions qui peuvent paraître anodines, notamment sur l'alimentation, mais elles créent souvent un effet d’étonnement qui est plutôt bénéfique. Ces petits détails font pourtant toute la différence pour le bien-être des chevaux”, explique Alessandra Talon, chargée de projet du label EquuRES.
Le Réseau d'Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine (RESPE) proposait ensuite une mise en situation autour de la gestion de la fièvre chez le cheval. Les participants devaient identifier les actions les plus adaptées à adopter parmi plusieurs propositions avant d’échanger avec Pierre-Thomas Belver, responsable administratif du RESPE. “Certaines recommandations sont très intéressantes sur le papier mais peuvent être plus difficiles à appliquer sur le terrain. Ces échanges permettent justement de trouver des solutions adaptées à leur réalité”, précise-t-il.
Enfin, un dernier jeu pédagogique était consacré à la reconnaissance des expressions faciales des chevaux. À partir de photographies, directement issues du projet de recherche Happy Athlete, financé par EquiAction, le fonds de dotation de la FFE, les cavaliers apprenaient à identifier les émotions positives ou négatives des équidés et à mieux interpréter les signaux qu'ils expriment.
Trois clubs récompensés
L’objectif était d’obtenir le meilleur score total au cumul des jeux pédagogiques. Les trois clubs ayant obtenu les meilleurs scores au cumul des jeux ont remporté des lots, pensés pour apporter du confort aux poneys et aux chevaux et des connaissances aux humains qui les entourent. Le premier prix comprenait notamment le parrainage d’un cheval de Przewalski pendant un an, offert par l’association Takh. Le deuxième club récompensé a reçu le livre “Comprendre facilement les chevaux” de l’éthologue Hélène Roche, offert par les éditions Delachaux et Niestlé, ainsi qu’un filet à foin par Generali x Helmett Sport. Le troisième prix était composé du livre “Dans la peau d’un cavalier” de Patrice Regnier, ainsi que d’un couteau de chaleur par Generali x Helmett Sport.
Les trois équipes sont également reparties avec des livrets pédagogiques EquuMI sur les questions environnementales et des friandises pour poneys et chevaux offerts par le label EquuRES, ainsi qu’une couverture offerte par le RESPE.
Podium de la semaine Poneys
Un challenge apprécié
Les retours des cavaliers ont une nouvelle fois souligné le succès de cette animation. “C'était très ludique. Je suis venue avec ma fille Marie et sa copine Léa, toutes deux cavalières. Nous avons appris énormément de choses, même moi qui monte à cheval depuis quarante ans. Nous avons beaucoup aimé le principe de l'escape game par le label Equures. L'atelier du RESPE nous a permis de remettre certaines notions au clair. Quant aux expressions faciales, on a découvert qu'il ne fallait pas uniquement observer les yeux ou le regard du poney. Je connaissais déjà ce type d'évaluation chez le chat ou le chien pour détecter la douleur, mais je ne savais pas que cela existait aussi chez le cheval. C'est vraiment passionnant”, témoigne Hélène, cavalière à Horse Competition (44).
Pour Déborah Bardou cette troisième édition confirme l'intérêt de ce format : “Nous avons reçu d'excellents retours. La présence de nos partenaires extérieurs nous permet d'aborder des thématiques parfois moins connues sous une forme ludique et accessible. Les cavaliers repartent avec de nouveaux réflexes et il est toujours amusant de voir les accompagnants se prendre parfois davantage au jeu que les cavaliers eux-mêmes."
Ces ateliers pédagogiques seront également proposés lors de la semaine Club du Generali Open de France, le mardi 21 juillet.
Un film pour ouvrir le dialogue entre professionnels autour de la relation humain-cheval
À l'occasion du Generali Open de France Poneys, la FFE, le Groupement Hippique National (GHN) et le Haras de la Cense ont présenté, lors d'une première soirée de projection réservée aux professionnels de la filière, le film documentaire La relation Homme-Cheval. Coproduit par les trois structures et cofinancé par le Fonds Éperon, ce film s'inscrit dans un contexte où les attentes sociétales autour du bien-être animal évoluent et où la place du cheval dans notre société suscite de nouvelles interrogations.
L'une des volontés fortes de ce projet est également de réaffirmer la noblesse et la nécessité de la relation de travail qui unit l’humain et le cheval depuis plus de 4 000 ans. En s'appuyant sur les apports de la recherche scientifique et de l'expérience de terrain, le film propose des clés de compréhension communes autour de la relation Humain-Cheval.
À l'issue de la projection, un temps d'échanges a permis aux enseignants et dirigeants présents de partager leurs premières réactions et de débattre des enjeux soulevés par le film. Le documentaire sera présenté une nouvelle fois pendant la semaine Clubs du Generali Open de France, le mardi 21 juillet.
“J'ai particulièrement apprécié la diversité des intervenants, issus de différents horizons scientifiques et du terrain. Cette complémentarité des regards permet de montrer toute la richesse de la relation Humain-Cheval et la réalité des nombreux métiers qui gravitent autour du cheval. Il est également essentiel que nos différentes instances travaillent ensemble pour porter ce message. C'est ainsi qu'il pourra être relayé dans les établissements équestres et auprès du public. Ce film mériterait d'être plus largement diffusé, car il montre une image juste de la relation entre l'humain et le cheval : une relation fondée sur le partenariat, la confiance et le respect, loin d'une logique de contrainte”, raconte Camille Boudjemline, dirigeante des Écuries de Mesmy (80).
“Le choix d’organiser cette diffusion au Generali Open de France s'est imposé de lui-même : c'est ici que se rassemble le cœur des enseignants et des dirigeants portant la dynamique fédérale”, explique Mathias Hébert, conseiller technique national. “Notre volonté était d'échanger en primeur avec eux, de recueillir leur perception et d'initier une véritable réflexion collective.”
Animés par Déborah Bardou et Clairvie Kergus (FFE), Philippe Audigé (GHN) et Caroline Godin (Haras de la Cense), les débats ont rempli leur rôle en faisant émerger des pistes d'ajustements constructives. Surtout, les échanges ont confirmé une évidence : le film répond à une attente du terrain. “Nous concevons ce documentaire comme le point de départ d'un discours positif et fier sur la pratique équestre et sur les intérêts partagés de notre relation avec le cheval”, poursuit Mathias Hébert. Dès la rentrée, ce support sera mis à la disposition des dirigeants de clubs pour qu'ils s'en emparent comme d'un outil pédagogique au sein de leurs équipes. “Si ce film permet, dans un premier temps, de fédérer la profession autour de la nécessité de porter un message commun et scientifiquement éclairé, alors il aura pleinement rempli sa mission.”