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02/04/2026
Kevin Staut & Visconti du Telman 3e de la finale Coupe du monde de Bâle
© FEI/Benjamin Clark

Finales Coupe du monde FEI Fort Worth : les interviews de Marc Dilasser et Kevin Staut

La quarante-sixième finale Coupe du monde FEI de saut d’obstacles débute demain, mardi 7 avril, avec l'inspection des chevaux. Retrouvez ci-dessous les interviews des deux Français engagés : Marc Dilasser, qui prendra part à sa première finale avec Arioto*du Gèvres (propriété d'Equiouest Jump - groupe 1 FFE), et Kevin Staut, associé à Visconti du Telman (propriété de Françoise Sanguinetti - groupe 1 FFE). Deux couples expérimentés qui ont tous deux leurs chances. 

"Je pars déterminé !", Marc Dilasser

Marc Dilasser, qui avait coché la finale depuis le début de la saison indoor, prendra part à son premier championnat avec Arioto*du Gèvres (propriété d’Equiouest Jump - Groupe 1 FFE)
© FFE/PSV

Dès le début de la saison hivernale, vous aviez annoncé votre volonté de vous qualifier pour votre première finale de la Coupe du monde. C’est désormais chose faite, qu’est-ce que cela représente pour vous ? 

Prendre part à cette finale est super chouette. Je n’avais jamais eu l’opportunité de vraiment courir ce circuit ; j’avais parlé de mon souhait de me qualifier pour la finale dès cet été avec le chef d’équipe Edouard Coupérie. Il m’a demandé de participer à la première étape à Olso et que, si je marquais des points dès le début, il m’ouvrirait la porte pour les étapes suivantes. C’est toujours sympathique de réussir à atteindre les objectifs fixés. Je suis très heureux et fier de mon cheval, qui a de plus réalisé un très bel hiver. Il a montré qu’il est au point techniquement et très performant. 
Par ailleurs, la famille Bastin, qui a fait naître Arioto, en est toujours propriétaire. Ils font de l’élevage depuis de nombreuses années. Je leur tire mon chapeau et les remercie d’avoir conservé un cheval pour performer à haut niveau et l’emmener jusqu’en finale Coupe du monde, malgré toutes les incertitudes que cela comporte.

Vous serez accompagné de votre fidèle Arioto*du Gèvres. Quelle sera la stratégie ? 

Je me suis concentré sur cet objectif avec Arioto. La finale est assez tard dans la saison indoor et les CSI 5* sur herbe débutent juste derrière. Je souhaite conserver Make My Day Z, également propriété de la famille Bastin, pour la saison extérieure, avec Arioto pour les beaux concours. 
La finale est un championnat qui se joue au cumul de trois épreuves, c’est la régularité qui prime. Le premier jour, ce sont les places qui comptent, il faudra essayer d’être le plus près possible de la tête. Arioto est un cheval naturellement rapide, ce qui est un atout pour nous, car je n’aurai pas besoin de mettre dans le rouge pour tenter d’être dans les 8 premiers. Sur une finale de la Coupe du monde, tout le monde donne le maximum et le niveau est toujours très relevé. Les cavaliers européens qui traversent l’Atlantique savent qu’ils ont une chance de performer.

Quelle préparation mettez-vous en place pour aborder cette première grande échéance ? 

L’objectif est d’essayer de maintenir le pic de forme d’Arioto. J’essaye de faire un concours toutes les quatre semaines avec lui. C’est un planning que j’ai tenu cette saison et qui lui correspond parfaitement. C’est un cheval avec beaucoup d’énergie et qui n’a pas besoin de beaucoup sauter. Il a pris part au CSI 5* du Saut Hermès comme dernier concours avant la finale.

Comment vous sentez-vous à quelques semaines de cette finale ? 

Il n’y a pas de stress mais beaucoup de motivation. Je n’ai jamais couru de grand championnat mais j’ai pris part à de nombreuses Coupes des nations et Grands Prix prestigieux ces dix dernières années. Je sais à quoi m’attendre, je n’ai rien à perdre pour ma première participation. Je pars déterminé ! De plus, avec Kevin Staut, nous nous connaissons depuis longtemps et sommes amis, son soutien sera essentiel.

"L'ambition de faire un résultat", Kevin Staut

L’an passé, vous avez enfin obtenu le podium que vous attendiez tant en finale Coupe du monde. Cette année, vous êtes à nouveau au rendez-vous avec Visconti du Telman, pour votre quatorzième finale. Quel regard portez -vous sur sa saison hivernale et son état de forme, à dix-sept ans ? 

Cette saison, j'ai essayé d'avoir une stratégie adaptée par rapport à son âge, même si Visconti est en pleine forme. L'année dernière, par exemple, j'avais alterné entre des concours en extérieur et en intérieur. Là, je me suis concentré uniquement sur la saison indoor. Depuis le début de l'année, elle a juste couru les étapes de Bâle et Bordeaux, ainsi que le CSI 5* de Bois-le-Duc. De mon côté, je suis vraiment content de participer à une nouvelle finale avec une jument comme Visconti, que je connais bien. Il y a une différence entre un Grand Prix individuel et une semaine d’épreuves en championnat. Pour répéter les performances, pouvoir compter sur une monture que l’on connaît bien, qui est techniquement au point, c'est super agréable. Bien sûr, j'y vais avec l'ambition de faire un résultat. Mais en vieillissant, on recherche également ce phénomène plaisir, de vivre de bons moments sur les parcours, de continuer à évoluer techniquement sur ces hauteurs et de pouvoir avoir sentiment de maîtrise quand on sort de piste après un parcours qui s’est bien déroulé.

Visconti du Telman a été préservée en vue de cet objectif. Est-ce qu’il y a une pression particulière à faire aussi bien que la troisième place de 2025 ? 

La pression de faire aussi bien, je pense que c'est de savoir dans quel état d'esprit on veut se positionner. Est-ce que c'est quelque chose qui motive de repartir sur le même format, avec le même cheval, une année plus tard ? Ou est-ce qu'au contraire, on n'a pas envie de trop penser à ça, parce que chaque histoire écrite au cours d'un championnat est différente ? Je suis plutôt dans cette perspective. Visconti a participé à plusieurs finales Coupe du monde et à chaque fois, une histoire différente s'est écrite : Omaha s'était correctement passé, puis on avait été éliminés le premier jour à Riyad et on a terminé sur le podium l’an passé. Je suis juste content de pouvoir, encore une fois, me retrouver dans cette situation de championnat avec elle. C'est cela qui me motive, mais j'essaie de faire le moins de comparaisons possibles avec 2025, même si je souhaite obtenir un podium. C’est une satisfaction de pouvoir faire du sport de haut niveau, de performer, mais c’est également agréable de sentir qu'on a réussi à préserver physiquement et mentalement le maximum du potentiel de nos chevaux. J’ai le sentiment que Visconti est encore meilleure saison après saison ce qui est gratifiant pour Françoise Sanguinetti, la propriétaire, et toute mon équipe, dont le travail a été super efficace.

Quel est votre sentiment de voir cette finale organisée au Texas ? 

C’est chouette. J'aime bien l'idée d'aller au Texas, d’autant que j'adore les chapeaux de cow-boy, la série Yellowstone… J'ai eu la chance de visiter beaucoup, beaucoup d'endroits différents. Je suis assez excité à chaque fois que je vais dans des endroits que je ne connais pas du tout, ce qui est le cas ici.

Vous êtes un fidèle du circuit Coupe du monde FEI. Qu’est-ce qui vous motive à y participer ? 
Je trouve que c'est un format assez lisible pour les gens : un championnat du monde indoor, avec des étapes qualificatives et une finale qui regroupe les meilleurs de chaque zone géographique. Pour moi, c'est une bonne publicité pour notre sport. On voit énormément de circuits arriver, c'est difficile d'identifier lequel est le plus important pour un cavalier et d'arriver à cibler quelque chose d’autre que les grands championnats, dont les Jeux olympiques, pour expliquer au grand public ce qu’est qu'une saison de concours. De plus, en Europe, nous avons de nombreuses étapes qui sont très agréables, chacune conservant son authenticité et son histoire. Je trouve cela formidable et c'est pour cette raison que je m'épanouis sur ce circuit-là. On a de la chance de l’avoir ; il y a plein de choses qui peuvent être améliorées dans notre sport, mais certaines vont très bien, comme ce circuit Coupe du monde.

Cette année, vous serez deux Français engagés en saut d’obstacles, avec Marc Dilasser qui vivra son premier grand championnat…

Avec Marco, on s'entend très bien. C'est sa première finale, je sais qu'il est hyper excité et je trouve cela génial. Je suis très content de partager ce moment avec lui.

Le mot d'Edouard Coupérie, sélectionneur national

"Cinq cavaliers français étaient qualifiés pour cette finale, ce qui est une satisfaction pour nous. Deux ont souhaité la disputer, Marc Dilasser et Kevin Staut. Tous deux ont leur chance car ils forment avec Arioto*du Gevres et Visconti du Telman des couples expérimentés. 
Depuis le début de la saison hivernale, Marc souhaitait se qualifier. Avec Arioto, il a été performant dès la première étape à Helsinki. Il a aussi réalisé un très bon Grand Prix au CHI de Genève, qui est un des concours les plus relevés. Tout cela est de bon augure, d’autant que son cheval a l’air en forme. Il s’agira du premier championnat de Marc donc cela sera intéressant à suivre. 
Pour Kevin et Visconti, on ne les présente plus ! Ils étaient troisièmes de la finale Coupe du monde à Bâle l’an passé. À chaque sortie, ils ont été performants et Kevin l’a préservée en vue de ce grand rendez-vous. Il connaît parfaitement sa jument et il a fait une dernière sortie au CSI 5* de Bois-le-Duc. 
Nous réaliserons également avec ces deux couples un dernier entraînement dans leurs écuries. Pour la finale, il sera important de bien commencer ; l’idéal est d’être parmi les 10/12 premiers à l’issue de la première épreuve puis d’aligner les parcours sans-faute. Nous savons à quoi nous attendre et la concurrence sera au rendez-vous. C’est un terrain que je ne connais pas mais dont j’ai eu de bons échos. 
Les chevaux partent un peu avant le début du concours car ils auront deux jours de quarantaine à l’arrivée. Ce sont des chevaux qui ont l’habitude de voyager, cela se gère bien. Coup de chapeau aux grooms qui les connaissent et s’en occupent parfaitement."

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