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Voltige
14/05/2026
Quentin Jabet conserve son titre de champion d’Europe à Stadl-Paura (AUT)
© FEI/Lukasz Kowalski

Quentin Jabet et Ruben Delaunay visent le podium de la finale Coupe du monde FEI de voltige 2026

Du 28 au 31 mai, la finale Coupe du monde FEI de voltige se jouera à Opglabbeek, en Belgique. Deux Français figurent parmi les huit engagés chez les hommes : Quentin Jabet, tenant du titre, et Ruben Delaunay, qui prendra part pour la première fois à un tel rendez-vous. Retrouvez ci-dessous les interviews des deux athlètes, membres du Pôle France FFE de voltige, situé sur le site de l’IFCE à Saumur (49), ainsi que le mot de Manon Moutinho, sélectionneuse et entraîneure nationale. 

“Réaliser le doublé”, Quentin Jabet

Vous allez remettre en jeu votre titre acquis l’an passé. Quelle place occupe la finale Coupe du monde dans votre saison et quelles sont vos ambitions ?

Mon ambition est claire : j’espère gagner cette finale une deuxième fois pour réaliser le doublé, et si possible les années suivantes encore ! C’est une échéance à part, qui est arrivé sur le tard. J’avais prévu, dans tous les cas, de participer au CVI d’Opglabbeek. Bien sûr, gagner la finale serait top, mais les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, en août, sont l’objectif principal de ma saison. J’ai remporté plusieurs Coupes des nations, une finale Coupe du monde, les championnats d’Europe, eu plusieurs titres de vice-champion du monde… Il manque la case de champion du monde individuel à cocher pour compléter mon palmarès !

L’an dernier, vous avez évolué sur Goldjunge (propriété de Jacqueline et Falko Schönteich). À quel cheval et longeur serez-vous associé ? 

Il s’agit de Dimitri Rocks (propriété de Willemijn van Loenen et Robert van Agteren), un cheval qui concourt habituellement avec la Néerlandaise Isalotte van Agteren, longé par Andrea Boe. Ada, c’est celle qui m’a longé des championnats du monde 2022 à ceux de 2024. Concourir une finale Coupe du monde est une façon de boucler la boucle, c’est un championnat auquel nous n’avons pas encore participé ensemble. Othello étant au repos, c’est beau d’avoir cette opportunité de prendre part à une finale Coupe du monde. Nous nous connaissons bien, cela facilite les choses.

Comment préparez-vous cette finale ? 

Nous avons réalisé deux entraînements en Allemagne la semaine passée, et nous en avons encore deux à venir avant d’entrer en piste à Opglabbeek. Je suis content, c’était plutôt bien et les prochaines séances nous permettront de gommer certains problèmes. Cela annonce quelque chose de bien ! Ce n’est pas idéal de voltiger sur un cheval au pied levé, mais il n’a pas de grosses foulées de galop donc c’est simple de s’adapter à lui. L’an passé, j’avais également concouru avec un cheval que je connaissais peu, cela ne m’a pas empêché de gagner, alors je réitère l’expérience ! Pour moi, c’est très intéressant de prendre part à une compétition d’envergure un peu dans la difficulté, pour voir comment je réagis sans que le trio ne soit entièrement préparé. Par ailleurs, Dimitri Rocks peut devenir un cheval de réserve en vue des Mondiaux, cette participation en finale pourrait alors être bénéfique.

La participation d’un second Français, Ruben Delaunay, a été annoncée…

Je suis très content pour Ruben. Ce n’est pas simple de se qualifier pour une finale car il y a peu de places. C’est cool que la FEI lui donne cette chance, d’autant plus qu’il s’agit de sa dernière saison. Nous nous entraînons ensemble au quotidien, on va y aller et se faire plaisir ; j’espère que nous serons tous les deux performants.

Comment va Othello van’t Laarhof (propriété de l’association Quentin Voltige, Isabelle Tredez et Lionel Jabet - longeur Loïc Devedu, écuyer du Cadre noir), qui devait à la base vous accompagner pour cette finale ? 

C’est un cheval qui est un peu moins jeune maintenant dans le sens où il a commencé la voltige voilà un an et demi. Notre participation aux championnats d’Europe avait pour objectif de préparer les Mondiaux. Finalement, nous nous sommes imposés et Othello a même terminé meilleur cheval de la compétition. Il a énormément progressé et gagné en expérience. Nous nous sommes bien entraînés cet hiver, les programmes sont au point pour aller en compétition et être performants. Nous avons pris part à une compétition nationale début mars à Niort puis participé au CVI 3* de Saumur début avril. Ce concours international a permis de présenter les programmes sur une compétition d’envergure, de voir les retours des juges pour peaufiner et, si besoin, retravailler certains petits détails des programmes. La saison est longue et chargée. Nous avons décidé de le laisser au repos et de nous concentrer sur un travail de fond, sans concourir. Je remercie la Fédération Française d’Équitation et l’Institut français du cheval et de l’équitation qui me permettent de disposer d’infrastructures de qualité au Pôle France FFE de voltige, ainsi que mes sponsors privés, le CRE Pays de la Loire et l’Agence nationale du sport grâce auxquels je peux me concentrer entièrement sur ma préparation.

Que pouvez-vous nous dire sur vos nouveaux programmes, et notamment le libre ?

Les programmes sont entièrement nouveaux et ont été travaillés avec Romain Bernard, le chorégraphe de l’équipe de France. Ils ont été pensés pour performer, il reste à les montrer en piste avec la meilleure interprétation et la meilleure technique possibles. Le libre est complexe techniquement, je vais chercher de nouvelles qualités gymniques et un toucher de cheval supérieur à ce que j’ai pu montrer précédemment. J’ai souhaité placer la barre haute techniquement, montrer encore plus en harmonie avec mon cheval, repousser les limites au maximum en cette année de championnats du monde. Artistiquement, j’ai souhaité aller là où on ne m’attend pas, c’est un processus de création qui est intéressant et enrichissant. Musicalement, nous avons choisi avec Romain le jazz. Pour cette finale avec Dimitri, ils ont été légèrement réadaptés. 

  • La biographie de Quentin Jabet

“Je suis impatient et j’ai hâte d’y être”, Ruben Delaunay

Ruben Delaunay vainqueur du CVI3* de Saumur
© L'Équestre Saumur Val de Loire - Les Garennes

Vous allez prendre part à votre première finale Coupe du monde avec Orlof de Condé, propriété de son longeur Yannick Kersulec. Que représente cette participation ? 

Quand on a su que la finale se déroulait à Opglabbeek, j’avais demandé au staff fédéral, Manon Moutinho et François Athimon, s’il y avait une possibilité que j’y participe. Ils n’avaient alors pas d’informations ; ils m’ont finalement appelé, fin avril, pour me dire que c’était bon. C’est donc une surprise pour moi d’y prendre part et je suis très content d’avoir l’opportunité de vivre cet événement dans ma carrière, d’autant qu’il s’agit de ma dernière année de voltige. Il n’y a pas de pression ni de stress, je suis au contraire impatient et j’ai hâte d’y être.

Quel sera votre objectif ? 

L’objectif est de terminer sur le podium et cela me motive encore plus de pouvoir le faire aux côtés de Quentin. Si nous pouvions monter dessus tous les deux, cela serait un magnifique souvenir à partager. Il est mon meilleur ami, nous partageons beaucoup au quotidien, tant lors des entraînements qu’en dehors. Cette année, pour la première fois, nous sommes tous les deux coéquipiers au sein de l’équipe de France, avec une compétition qui se déroule en parallèle de la finale. Nous serons juste adversaires pendant quelques minutes, quand nous serons individuellement en piste, avant de redevenir des partenaires. Je suis très content de pouvoir partager cette expérience avec lui, il est plus expérimenté et avancé techniquement donc il me conseille énormément.
L’annonce de ma participation est arrivée tard donc il n’y a pas eu de préparation spécifique pour cette finale, je me suis entraîné pour l’ensemble des compétitions de la saison. Ma volonté est de bien me montrer en vue des Mondiaux, auprès des juges comme du staff, sur les deux programmes de la finale : le technique et le libre. Je vise une sélection pour Aix-la-Chapelle, cela fera une préparation.

Pouvez-vous nous parler de vos programmes ? 

Le programme technique comporte cinq figures imposées et j’ai décidé de créer une atmosphère autour de celles-ci. J’ai choisi de créer moi-même une musique, avec une voix en anglais qui donne le nom de la figure avant que je l’exécute. Cela n’avait jamais été fait, l’idée m’a été soufflée par Théo Gardies. Le programme a été bien reçu lors du CVI de Saumur, j’en suis très content. J’avais envie de travailler le test technique donc je n’ai pas beaucoup fait évoluer mon libre par rapport à l’an passé, car il fonctionnait bien.

Vous êtes associé depuis de nombreuses années à Orlof de Condé, avec notamment un titre européen individuel en Young Vaulters et un mondial par équipes. Quelle est votre histoire avec ce cheval ? 

C’est dingue de se dire que j’aurais pu ne jamais voltiger avec lui ! Il ne devait pas être mon cheval de tête et, en 2022, mon autre cheval n’a pas passé l’inspection lors du CVI d’Ermelo. Orlof avait voyagé en tant que remplaçant et cela s’est super bien passé. L’année 2025 a été un peu plus compliquée, il a notamment eu peur de la musique, donc nous avons mis des choses en place cette saison. Cela a fonctionné car il est irréprochable, un véritable métronome. Je suis très fier de lui mais également de tout le travail effectué par Yannick, son longeur, et Baptiste Le Goff, qui le travaille sur le plat. C’est un cheval que je porte dans mon cœur et je suis très content de pouvoir finir ma carrière avec lui.

Pourquoi avez-vous choisi de mettre un terme à votre carrière cette année ? 

Depuis petit, c’est mon rêve de participer aux Jeux équestres mondiaux, qui représentent la fin d’un cycle de quatre ans en voltige. Mon objectif est de m’arrêter là-dessus. La raison principale sont mes études : j’intègre en septembre une école d’ingénieur en construction, que j’avais déjà repéré lorsque je suis entré en BTS. Concilier cela avec le sport de haut niveau n’est pas simple. Tout tombait bien par rapport à l’échéance d’Aix-la-Chapelle, où je participerai en équipe et, j’espère, en individuel. Je me concentrerai ensuite pleinement sur mon projet professionnel. La voltige est un sport passionnant mais, malheureusement, on n’en vit pas. Je voltige depuis mes huit ans, j’ai fait mon petit bout de chemin et j’en suis fier. Bien évidemment, cela fait bizarre de savoir que ce sont mes derniers mois d’entraînement au Pôle France, mais je ne pense qu’au positif et aux compétitions à venir.

  • La biographie de Ruben Delaunay

Le mot de Manon Moutinho, entraîneure nationale

“Nous sommes contents que cette finale Coupe du monde, pour laquelle un lieu et une date ont été décidés tardivement, soit organisée cette année. Nous avions dans tous les cas prévu de nous rendre au CVI d’Opglabbeek. La finale se greffe sur ce concours, ce qui est chouette pour la discipline et permet de mettre en valeur les voltigeurs. Quentin remettra son titre en jeu et, en parallèle, courra avec l’équipe de France. Bien évidemment, l’objectif sera de réaliser la meilleure performance possible sur Othello van’t Laarhof, avec lequel il est champion d’Europe l’an passé, longé par Loïc Devedu, écuyer du Cadre noir de Saumur. Mais c’est également une préparation en vue des championnats du monde cet été, puisque Quentin présentera les programmes qui ont été travaillés pour cette échéance. Pour Ruben, sa participation est une agréable surprise, on espérait que cela serait possible. Nous sommes ravis, et lui aussi. Il investit énormément de temps et d'énergie dans son projet individuel cette année. Prendre part à cette finale est déjà une belle réussite. Il est prêt à dérouler ses deux programmes, cela sera pour lui une superbe expérience mais également une bonne préparation pour la fin de la saison.”

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