L’équipe de France de saut d’obstacles s’est imposée dans sa Coupe des nations, au CSIO 5* de La Baule (44), ce vendredi 12 juin, neuf ans après sa dernière victoire ! Une performance XXL au cours de cet Officiel de France, qui revêt un enjeu particulier dans la course aux sélections, à deux mois des championnats du monde qui se tiendront sur l’herbe d’Aix-la-Chapelle (GER). Le collectif aligné par Edouard Coupérie comprenait deux cavaliers médaillés aux Jeux de Paris 2024, Julien Epaillard - par ailleurs double sans-faute aujourd’hui avec Fringan de Vesquerie - et Olivier Perreau, et deux représentants d’une nouvelle génération qui s’impose avec ambition parmi l’élite mondiale, Nina Mallevaey et Antoine Ermann.
A domicile, sur la pelouse du stade François André, le chef d’équipe Edouard Coupérie a choisi d’aligner, dans l’ordre de départ :
La France, dont la dernière victoire dans sa Coupe des nations remontait à 2017, s’est élancée en n°3 sur les 10 nations au départ, l’Allemagne ouvrant la marche et les Etats-Unis la clôturant. Les Bleus ont été chaudement applaudis dès la traditionnelle parade par leur public, présent en masse, avant de dérouler le tour concocté par le Lorrain Grégory Bodo et son équipe : “j’avais la volonté de créer un parcours qui reste soft mais délicat. Il y a eu des retournements de situation, c’est le scénario idéal.”
Une première manche à un point
Septième au classement mondiale et meilleure Tricolore, Nina Mallevaey a bien lancé l’équipe de France ! Avec sa formidable jument de treize ans, la cavalière de vingt-six ans n’a pas tremblé face aux douze obstacles pour quinze efforts, signant un parcours sans faute.
Deuxième équipier, Olivier Perreau a tout donné aux rênes de sa médaillé de bronze des Jeux de Paris 2024. Le couple, en grande forme cette saison, a malheureusement commis une faute sur le premier plan de l’ultime oxer, quittant la piste avec quatre points.
Pour leur première Coupe bauloise, Antoine Ermann et son fidèle Floyd des Prés ont réalisé un tour maîtrisé, sans pénalité aux obstacles, mais le temps imparti de 75’’ est venu jouer les trouble-fêtes… Avec 74 centièmes de trop, c’est un point de temps dépassé qui a pénalisé le duo, rageant !
Les cavaliers au départ ont été nombreux à trouver la clé du sans-faute - seize au total pour cette première manche - et pour que les Bleus restent dans la course à la victoire, Julien Epaillard n’avait pas le choix que d’imiter l’ouvreuse du collectif français. L’expérimenté normand n’a pas cédé à la pression pour la deuxième Coupe de son complice de onze ans, pour le plus grand bonheur du public ! Ainsi, à l’issue de la première manche, la France pointait sur le podium provisoire - troisième avec un point, le moins bon score s’annulant - derrière l’Allemagne et la Grande-Bretagne, qui tenaient la tête avec un score vierge de toute pénalité.
La victoire au bout du suspense
Les huit meilleures équipes sont revenues en piste dans l’ordre inverse du classement provisoire pour une seconde manche décisive.
Double sans-faute en Coupe des nations plus tôt cette année à Ocala (USA), Nina Mallevaey et Dynastie de Beaufour ne sont pas passées loin de réitérer cette performance à domicile. Néanmoins, c’est sur la sortie du double n°11 que les deux complices ont buté, concluant avec quatre points au compteur.
De leurs côtés, le Ligérien Olivier Perreau et Dorai d’Aiguilly*GL events ont rectifié leur erreur du premier parcours pour achever cette épreuve par équipes par un sans-faute, maintenant les espoirs de la France. Ils ont été imités par Antoine Ermann et Floyd des Prés qui ne se sont pas laissés piéger une seconde fois par le chronomètre. Le cavalier de vingt-cinq ans, qui fait partie de cette jeune génération tricolore particulièrement en vue ces derniers mois, a ainsi assuré la place de la France sur le podium final.
Le champion de France en titre, Julien Epaillard, a signé un excellent double sans-faute, mettant la pression sur les épaules du dernier concurrent allemand, Richard Vogel. Ce dernier, fautif sur l’avant-dernier obstacle, a offert la victoire à la France, qui a totalisé un seul point sur l’ensemble des deux manches. Un moment attendu avec impatience par le public, les cavaliers et le staff fédéral depuis 2017, année où la France s’était imposée au barrage face à la Suède. C’était alors grâce au sans-faute de Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise*HDC… Cette année remplaçant avec Féline de Hus*HDC, deux montures propriété du haras des Coudrettes !
Ils ont dit
Edouard Coupérie, chef d’équipe
Gagner devant ce public, avec une organisation et un terrain d’une telle qualité, c’est fantastique. Je suis satisfait du comportement des quatre couples. Le cheval de Julien revient bien, Olivier a rectifié son erreur, Antoine a su se remettre à l’heure, tandis que Nina réalise plus de sans-faute que de parcours à quatre points dans les épreuves par équipes. Les fautes d’aujourd’hui ne sont pas des fautes de monte. Je suis optimiste et c’est encourageant pour l’avenir. J’avais annoncé que le concours de La Baule serait un grand test de par sa configuration qui se rapproche de celle des Mondiaux, qui sont accessoirement dans deux mois à Aix-la-Chapelle : un grand terrain en herbe, beaucoup de public en tribunes. Cette victoire est un plein de confiance, il s’agit maintenant de bien gérer la période jusque-là en se penchant sur la préparation individuelle de chacun. Nous allons prendre le temps de faire les sélections. Par ailleurs, l’an dernier, nous n’avions pas bien performé, cette année j’avais la volonté de faire mieux, ce qui est réussi. Il ne faut pas oublier le rôle de Kevin Staut dans cette victoire, qui nous a aidé tout du long en étant présent au paddock et en bord de piste.
Julien Epaillard, n°11 mondial et double sans-faute avec Fringan de Vesquerie
Je remercie Edouard pour sa confiance car c’était un défi d'arriver avec Fringan à 100% de sa forme. J’avais construit un programme pour qu’il soit en pleine forme ici le jour J. Il a obtenu de bons résultats en indoor puis je lui ai accordé des vacances, à la suite desquelles j’ai eu du mal à le retrouver. J’apprends encore à le connaître. A la suite du Grand Prix d’Aix-la-Chapelle, qu’il ne devait à la base pas sauter, je me suis mis à penser au CSIO de La Baule. J’ai échangé avec Edouard, à la base je devais être remplaçant mais en raison de la blessure de Simon Delestre, nous avons pris part à la Coupe des nations. J’ai beaucoup appris sur mon cheval. Je vais l’engager dans le Grand Prix dimanche pour voir comment il récupère.
Antoine Ermann, 25 ans et cavalier de Floyd des Prés
Je suis de la même génération que Nina. On regarde ce concours depuis que nous sommes tout jeune, c’est un rêve de pouvoir monter ici. Participer à la Coupe des nations et en plus la gagner, je pense que je ne réalise pas encore bien, mais nous avons le trophée ! J’essaie de profiter du moment et faire en sorte que cette excellente période dure le plus longtemps possible. Bien sûr, j’ai eu peur que mon point de temps dépassé coûte cher. Je n’étais pas content car c’est une erreur technique de ma part que j’aurais pu éviter, j’ai remis une foulée avant le double qui n’avait pas lieu d’être. Ce point est plus pour moi que pour mon cheval, dont je suis ravi. Il a bénéficié d’un long break cet hiver et il a montré ici une bonne condition physique, j’espère que cela va durer.
Nina Mallevaey, n°7 mondiale, 26 ans et cavalière de Dynastie de Beaufour
C’est un rêve réalisé de remporter la Coupe des nations à La Baule. Quand le public français a chanté La Marseillaise, j’en ai eu des frissons ; mes yeux de petite fille brillaient, ce n’est que du bonheur. J’essaie de profiter à fond de cette période faste de ma carrière, sans m’enflammer. Je sais qu’il y a des hauts et des bas dans le sport, même si ce sont surtout des hauts en ce moment. Je peux compter sur de super chevaux ainsi qu’un entourage et des coéquipiers incroyables. Je suis contente de la prestation de Dynastie, elle répond présente quand je suis à la hauteur. Elle participera au Grand Prix dimanche, pour la tester sur un format plus long. Je la trouve dans un bon état de forme, contrairement à notre précédent concours à Aix-la-Chapelle, où j’ai trouvé en seconde manche qu’elle n’était pas à 100% de la condition physique qu’elle peut avoir.
Olivier Perreau, cavalier de Dorai d'Aiguilly*GL events
Après la médaille aux Jeux olympiques puis la victoire chez moi, dans l’étape Coupe du monde de Lyon en novembre 2025, c’est vraiment une période très sympathique. Je suis très content d’avoir participé à cette Coupe des nations devant un public incroyable, cela donne envie de bien faire. Je suis satisfait de ma jument, qui est née il y a treize ans à la maison et que je connais parfaitement. Je suis déçu de mon erreur au premier tour et j’avais vraiment envie de me rattraper. Je suis très content de cette victoire et de faire équipe avec de tels cavaliers. Je vais poursuivre le programme envisagé pour ma jument et nous verrons si cela nous mène au bout, à une sélection pour les championnats du monde.
Sophie Dubourg, directrice technique nationale
C’est une belle victoire historique. L’équipe de France se construit, nous avons forcément tous les yeux tournés vers les championnats du monde. Une victoire à La Baule, devant notre public, reste exceptionnelle. Elle est amplement méritée car beaucoup de travail a été effectué, nous avons aujourd’hui une équipe forte. Ce résultat nous conforte dans la préparation que nous menons et c’est un véritable boost, pas uniquement pour le saut d’obstacles, mais pour toutes les disciplines représentées à Aix-la-Chapelle.
Frédéric Bouix, président de la FFE
C’est une très belle victoire et un bon signal à soixante jours des championnats du monde. Le compte à rebours est lancé avec une énergie positive pour le saut d’obstacles mais plus largement pour tous les Bleus qui seront à Aix-la-Chapelle. Une victoire à domicile est aussi le fruit du travail effectué ces derniers mois ; nous avons vu depuis le début d’année 2025 de nouveaux couples, de nouveaux chevaux, de nouveaux cavaliers. Cette Coupe des nations est une pré-configuration de ce que pourrait être la sélection, cette performance est un très bon signal et encourageante pour les quelques jours qui restent avant la sélection.